Saison 1 - Épisode 9 avec Lawrence W. Reed
Adam Smith et les débuts de la science économique

Lawrence W. Reed est le président de la Foundation for Economic Education. Auparavant, il a été président du Mackinac Center for Public Policy pendant les deux premières décennies de son existence. Il a rédigé plus de 1000 articles et chroniques pour les journaux et est l’auteur de cinq livres, dont le plus récent s’intitule Striking the Root: Essays on Liberty (2008).

 

L’année 1776 a vu la publication de l’oeuvre majeure d’Adam Smith, Enquête sur la nature et les causes de la richesse des nations. Comme l’explique Lawrence W. Reed dans cette intéressante entrevue, Smith cherchait à répliquer dans ce livre aux arguments largement répandues, mais défectueux, de la théorie mercantiliste.

Prenez la notion selon laquelle il n’existe qu’une quantité fixe de richesse dans le monde, une idée qui a mené de nombreux dirigeants à coloniser et à conquérir des pays étrangers dans le but d’en extraire cette richesse. Smith a expliqué qu’au lieu de se battre pour mettre la main sur une plus grosse portion de cette tarte, les gens devraient faire cuire une tarte plus grosse au moyen du commerce, de l’investissement, de la production, de prix libres et de l’entrepreneuriat. Il s’en est également pris à l’obsession pour les métaux précieux, soutenant que ce ne sont pas l’or et l’argent qui rendent une nation plus prospère, mais plutôt les biens et services qu’elle produit.

L’idée la plus fameuse de Smith est bien sûr celle de la main invisible, par laquelle les intérêts égoïstes des individus sont canalisés vers des activités constructives et bénéfiques pour les autres. La main invisible a-t-elle failli durant la récente crise financière? Selon Lawrence Reed, ceux qui avancent cet argument n’ont pas correctement analysé la situation. « La crise de 2008 a été provoquée non pas par la main invisible, mais par la main de fer. C’est au gouvernement qu’en revient la faute. » Des taux d’intérêt artificiellement bas aux hypothèques à haut risque encouragées par le gouvernement, en passant par les agences de notation au pouvoir monopolistique qui n’ont pas fait leur travail, tous les différents aspects de la crise découlaient d’une intervention de l’État.

De la même façon, explique M. Reed, le développement économique rapide de la Chine n’invalide pas l’idée selon laquelle la main invisible est plus efficace qu’un contrôle étatique centralisé. « Au cours des 30 ou 40 dernières années, la Chine a grandement libéralisé son économie et ce n’est pas une coïncidence si c’est à ce moment que le progrès est survenu. » C’est cette liberté accrue, et non les contrôles qui subsistent, qui expliquent la récente poussée de croissance de la Chine.

En lien avec cette vidéo : Foundation for Economic Education | Striking the Root: Essays on Liberty

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