Saison 3 - Épisode 4 avec Lawrence White
Crises, interventionnisme et régime de banque libre

Lawrence White est professeur d’économie à l’Université George Mason, en Virginie. Un disciple de l’école autrichienne, il est surtout connu pour ses recherches sur le régime de banque libre. Son plus récent livre est The Clash of Economic Ideas: The Great Policy Debates and Experiments of the Last Hundred Years.

 

La crise financière de 2007-2008 et la Grande Récession qui a suivi ont mené à des années d’interventionnisme étatique, mais le redressement a été lent aux États-Unis et est tombé à plat en Europe. Comme le souligne le professeur Laurence White dans cette entrevue stimulante, avec les niveaux d’endettement public qui ont grimpé, il y a un risque que l’argent des contribuables soit de plus en plus utilisé simplement pour payer les intérêts de cette dette.

« L’économie américaine croit à un peu moins de 2 % », note M. White, un taux qu’on a déjà considéré comme anémique, « mais qui pourrait cependant être le mieux que nous puissions espérer d’ici à ce que les politiques qui affectent l’économie réelle cessent de décourager l’investissement ». En effet, l’incertitude à propos des coûts des services de santé, des taxes et de la législation future a eu l’effet prévisible d’encourager les entreprises à s’asseoir sur leurs profits.

Prenant un peu de recul, le professeur White souligne le ralentissement sévère qui a eu lieu aux États-Unis en 1921. Le président Harding avait laissé le marché s’adapter sans ingérence et l’économie s’est remise rapidement sur pied. Par contre, tant Hoover que Roosevelt sont massivement intervenus pour contrer les mécanismes d’ajustement du marché, prolongeant les privations de la Grande Dépression de plusieurs années.

Lawrence White a aussi étudié en profondeur le régime de banque libre, un système qui a existé dans différents endroits dans le passé, dont le Canada et les États-Unis, et dans lequel il n’y avait pas de banque centrale. De tels régimes n’offraient pas de protections comme l’assurance-dépôts, qui nous procure un sentiment de sécurité mais encourage en réalité les comportements risqués de la part des banques commerciales. Malgré les avantages de la banque libre, rétablir un tel système serait toutefois compliqué : « les banques bénéficient de tant de protections et elles se sont adaptées de tant de façons qu’il s’agit maintenant de savoir comment couper les fils dans le bon ordre pour désamorcer l’aléa moral auquel nous sommes exposés », conclut M. White.

En lien avec cette entrevue : Lawrence White | The Clash of Economic Ideas

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